On utilise le terme dépression souvent pour bien des choses différentes. Ça peut être le sentiment de déprime, ou un cafard de quelques jours, ou bien une vraie maladie comme la dépression majeure, qu’il faut souvent soigner par des antidépresseurs – ou ça peut être une réaction de votre âme aux circonstances de votre vie, donc un mal-être mental avec un message derrière. Et dans ce cas ce serait très valable d’essayer à déchiffrer ce message. Alors que la dépression dans ce dernier sens est assez répandue (et fait presque partie de la normalité), la maladie mentale nommée dépression (majeure) est relativement rare.
Je veux vous donner quelques idées sur les messages possibles, qui peuvent être cachés dans une « dépression ». Elle peut signaler une vie non vécue. Le sentiment pas avoué que la vie que la personne vit n’est pas la vie qu’elle avait imaginée. Que ce n’est plus la sienne. Peut-être qu’elle avait fait trop de compromis dans la vie, et trop de frustrations pas exprimées, pas avouées devant elle-même – et à cause de cela la vie ne ressemble plus à la sienne.
La dépression peut aussi témoigner d’une agression refoulée. Même si la dépression et l’agression ont l’air d’être différentes, même contraires – justement. Ici j’utilise le terme agression dans le sens positif, le sens original du verbe latin : venir à l’encontre, affronter l’adversaire ou le problème – au lieu de se faire battre ou de se laisser rabaisser. C’est un scénario que l’on trouve souvent dans une psychothérapie : une personne qui ne s’est jamais permis de se rendre compte de ses agressions, de son NON ! (parce qu’on ne veut jamais blesser l’autre…) Cette personne peut se trouver enfin dans une « dépression ». De temps en temps c’est nécessaire de parler clairement, de dire non et surtout d’accepter ses propres émotions même soi-disant négatives – sans faire des bêtises et sans vraiment faire du mal aux autres, bien sûr ! Et cela est vrai pour toutes les émotions : si on s’interdit l’expression de trop de ses vraies émotions pour trop longtemps, on va éprouver un manque d’énergie avec le temps. Avec chaque émotion essentielle refoulée, je bloque aussi l’énergie vitale qui va avec et à la fin je n’aurai plus accès à toute mon énergie et je vais me retrouver sans énergie – donc dans un état de dépression.
La dépression dans ce sens là, elle est bien ! Elle veut nous aider en nous disant que nous sommes passés à côté de votre vie. Que nous nous sommes égarés, déviés, que nous ne sommes plus sur la bonne route. Alors, est-il vraiment aussi incompréhensible que nous n’ayons plus envie de rien – que la vie ressemble peut-être même à un trou noir, dépourvue de sens, sans goût, sans couleur ?
Dans cette situation, une psychothérapie peut être un bon choix, tandis que les antidépresseurs ne sont que des béquilles pour surmonter un moment très difficile, sans faire des bêtises (un suicide). La thérapie sera alors de retrouver son propre chemin, de s’avouer ses propres émotions. Dans la plupart des cas, il ne s’agit pas de faire des changements radicaux dans la vie extérieure – comme changer de partenaire, changer de boulot – mais c’est plutôt une réorientation intérieure, acceptation de soi-même ou un développement personnel.
Lutz Foerster, Psychothérapeute et Psychologue, Tél 06 28 23 95
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